De Buenos Aires à Salta, en passant par Iguazu

On commence ce long article par Buenos Aires où nous sommes restés 4 nuits. L’arrivée dans la ville s’est faite sans problèmes, pas trop de monde vu que c’était un samedi, tant mieux !
Nous avons trouvé un petit hôtel à San Telmo, quartier qui nous a de suite plu, tant au niveau de l’ambiance que de l’architecture (merci Mélanie). Nous passerons donc le premier après midi à déambuler au hasard des rues du quartier, et pour nous mettre totalement dans l’ambiance, le soir ce sera viande argentine au Desnivel. Et les “bife de Lomo” étaient excellents.

Le lendemain, c’est dimanche. Et qui dit dimanche à San Telmo dit feria. En effet, il y a un marché du type vide grenier ou marché aux puces très très sympa avec un peu de tout (objets de déco, vaisselle, bijoux, couteaux, tableaux,…). On y passera la matinée, puis direction la place du 25 de mayo, la cathédrale, l’obélisque, le Cabildo,… On ne va pas vous faire un cours d’histoire ici, mais le centre historique est très sympa et chargé d’histoire. On se dirige ensuite vers Puerto Madero, le port de plaisance de BA, et un immence parc juste à côté. C’est le weekend et les vacances, il y a donc beaucoup de monde mais c’est très sympa pour se promener.

Le lundi, c’est Palermo que nous visitons le matin, c’est le quartier “branché” avec pas mal de bars pour sortir et des magasins à la mode. Il y a également beaucoup de parcs au nord du quartier, mais malheureusement certains sont fermés le lundi. On fait un petit détour par l’hippodrome de Buenos Aires pour y voir 3 courses. C’était une première pour Perrine, qui a été hyper impressionnée. Juste à côté il y a le stade de Polo, mais pas de match prévu durant notre séjour. On finira cette journée par la visite du cimetière de Recoleta où repose Evita Perone et beaucoup de personalités qui ont marqué l’Argentine. Les tombes sont impressionantes, de la taille de maison pour certaines et on voit même les cercueils à l’intérieur, posés sur des sortes de marche. Bien différent des nôtres!

Pour notre dernier jour à Buenos Aires, nous partons vers le quartier de La Boca, avec bien sûr le stade de foot de Boca Junior au passage. Le quartier est très touristique avec des bus et groupes de touristes partout donc, même si c’est joli, Aurélien a été un peu déçu! Et oui, il y a plus de monde qu’en Patagonie ici.
On prend ensuite le métro (beaucoup moins cher que celui de Santiago!!) direction les rues commerçantes entre l’avenida Corrientes et Cordoba) qui sont bien animées. Et pour notre dernier soir, on achète saucisson, chorizo et côte de boeuf au marché de San Telmo juste à côté de notre hôtel, en regrettant de ne pas avoir trouvé un endroit comme cela à Santiago. En effet dans ce petit marché tout fait envie, et il y a même un stand où ils vendent de la raclette (on ne l’a pas goutée, mais quand même c’est plutôt cool!)
On ne trouvera par contre pas de Milonga pour voir un peu de Tango, et les restaurants qui proposent des spectacles sont hors de prix.

Au final, Buenos Aires nous aura beaucoup plu, avec l’ambiance qui y règne, son architecture, ses parcs,… On partira de cette ville vers les chutes d’Iguazú le mercredi, après s’être un peu échauffés avec les responsables du parking qui voulaient nous faire payer plus que ce qui était prévu… Mais on a tenu bon et on a gagné !

On s’est arrêtés le soir au nord de Concordia, une ville sur la route des chutes, qui nous a un peu fait penser aux Landes avec ses hauts pins de toutes parts. On posera donc le bivouac au bord d’une rivière, avec de l’autre côté l’Uruguay. C’est ce soir là que je couperai les cheveux d’Aurélien, et ce n’est pas si facile de jouer les apprenties coiffeuses, j’en ai enlevé un bon paquet et c’est pas vraiment régulier au niveau des longueurs… Mais le cobaye est plutôt content du résultat donc ça ira pour cette fois!

Cette nuit aura été la pire qu’on aura passée depuis le début, on a eu affreusement chaud et on a dû terminer la nuit dehors à la belle étoile pour enfin réussir à se reposer. Après une petite baignade dans le río Uruguay, on reprend la route, toujours avec 36 degrés au compteur… Le choc avec la Patagonie est rude! On arrive dans la région de Misiones, caractérisée par sa terre rouge et beaucoup de flore qui nous fait penser à la jungle. On adore! On dormira dans le parc naturel Teyú Cuaré, prévenus par le gardien qu’il ne faut pas sortir sans lumière la nuit, puisqu’il y a des serpents! Aurélien est très très rassuré… Hum hum. Après avoir cuisiné en compagnie d’une multitude d’insectes inconnus au bataillon, on file donc se coucher en compagnie de beaucoup de bruits d’animaux sauvages…

Heureusement, on n’a pas recensé d’attaque de serpents pendant la nuit. On se lève donc sains et saufs, et pendant le petit déjeuner, un charmant iguane vient nous tenir compagnie. Pas de doute, on a vraiment changé de région! On fait donc les petites randonnées du parc qui sont très jolies et où on croisera plein d’animaux : iguanes, sortes de marmottes, oiseaux, aigles, araignées… Et même un toucan! On était super contents!

On reprend ensuite la route en faisant une petite halte chez un fabriquant de Maté. Malheureusement on a loupé la visite de la grosse entreprise, on se contentera d’une coopérative plus petite où nous ne voyons que les étapes d’emballage. Après cela, on arrive à Puerto Iguazu où nous passerons 2 nuits dans une station service. Eau, douche et wifi gratuit, tout cela avec des places pour stationner dans la forêt, que demander de plus? Après une bonne nuit de sommeil, on arrive donc aux chutes d’Iguazu côté argentin. Beaucoup de monde, mais le parc est grand donc ça ne se fait pas trop ressentir. On commence par des circuits avec des vues panoramiques des chutes, et on voit directement que c’est immense. Les chutes forment un espèce de cirque avec une île au milieu (sur laquelle nous ne pourrons pas aller car le niveau de l’eau est trop haut). Le deuxième sentier nous emmène en bas des chutes, la vue est toujours magnifique et on peut commencer à voir la force de l’eau. Mais que dire du dernier circuit, avec lequel on arrive juste au dessus de la partie ayant les chutes les plus hautes, la Gargantua del Diablo. Et là, on ressent vraiment la puissance de l’eau avec le bruit, mais surtout parce que l’on est littéralement trempés par la chute. On se trouve en haut des chutes mais la puissance de l’eau fait que l’eau remonte plus haut que de là où elle tombe. On reste une quinzaine de minutes à admirer la force de l’eau qui est vraiment impressionnante ici. Les photos ne donnent pas grand chose car c’était comme s’il pleuvait à torrents. Pour la petite histoire, on retournera à ce point de vue après un petit picnic, mais cette fois un gros orage tropical se mèle à l’eau de la cascade, top, on finira donc trempés comme des soupes, et nos affaires mettront quelques jours à sécher, nous laissant une belle odeur d’humidité! En plus des chutes, on verra des singes, rongeurs (on se souvient plus du nom), papillons multicolores,…

Maintenant, direction le Brésil, sous la pluie… On passe la frontière sans aucun souci, côté argentin c’est comme au Drive, on ne descend pas et les brésiliens ne vérifient absolument rien pour la voiture, on aurait pu passer sans notre petit visa si on le voulait. Sur le parking on rencontre un couple de vénézueliens qui partent au Chili avec toute leur vie dans un van pour fuir leur pays, un peu triste…
Ici pour accéder aux chutes, il faut prendre un bus dans le parc, qui mène aux points de vue. Toujours aussi impressionnants, et l’on voit des côtés que nous ne voyions pas en Argentine. La vue est plus panoramique que de l’autre côté, même si un des points de vue au dessus d’une cascade nous vaut comme la veille une bonne douche.

Au final, les deux côtés valent le coup, mais s’il fallait choisir, il vaut mieux opter pour l’Argentine. Mais il vaut mieux définitivement prendre le temps de faire les deux.

Après ces quelques heures au Brésil, on reprend la route, direction… on ne sait pas quoi. En effet, l’objectif est de rejoindre Salta pour ensuite passer en Bolivie, mais il y a le Dakar dans les environs, alors on se demande si on ferait pas un petit détour. Après une longue réflexion, on va faire le détour, mais jusqu’à où? Au début nous pensions Belen, mais ils y passent trop tôt, on ira donc à Fiambala. 
On se fera une journée de 16 heures de route (avec des pauses) et 1300km pour arriver à minuit et demi sur la ligne de départ de la spéciale. Il y a déjà un bus du Dakar et des policiers, on leur demande si on peut dormir ici, ils nous disent pas de soucis, demain ça commence à 6h30. Après une courte nuit, on se réveille donc à 5h45 pour ne pas en perdre une miette (sans réveil, Aurélien était surexcité et n’arrivait pas à dormir). Le premier spectacle sera les 10 hélicoptéres du Dakar qui viennent se poser juste en face de nous, en passant dans le lever de soleil orangé. Ensuite on commence à entendre du bruit sur la ligne de départ, les premiers concurrents arrivent à 7h. Ils ont déjà fait 300km non chronométrés, pour enchainer sur 400 chronométrés et encore 250 libres…

Les premières voitures, motos, camions passent, et c’est impressionnant. On ne savait pas trop à quoi s’attendre mais c’est vraiment sensationnel! Ils passent dans une sorte de petit canyon avec des trous et des énormes pierres partout. Les motos sont en dérive constante, de vrais équilibristes, les camions passent sans broncher en faisant trembler la terre sous nos pieds, et les voitures évitent avec dextérité les plus grosses pierres dans un bruit magnifique. On changera plusieurs fois d’endroit pour varier les plaisirs, et on aura quand même bien mangé la poussière. Pour la petite histoire, le lendemain on est allés sur la ligne de départ avec notre voiture pour voir ce que cela peut donner, et on a pas osé avancer de 2m car avec les trous, cailloux et le sable, on n’en serait pas sortis.

Après 5h ainsi, il ne reste plus personne à passer, on file donc sur la ligne d’arrivée. C’est moins impresionnant mais sympa de voir les voitures de près et Luc Alphand interviewer les arrivants. Les premiers paraissent frais, mais 2h après, ceux qui arrivent sont exténués.
Le soir on dormira dans un camping (pour prendre une petite douche après toute cette poussière), qui se situe sur le bord de la route qu’empruntent les concurents, et il y en a qui passent jusqu’à 22h alors qu’il leur reste 200km à parcourir.

On commence donc maintenant notre trajet vers le nord. On partira de Fiambala pour rejoindre les alentours de Belen le premier jour. On aura pu s’arrêter sur le chemin voir quelques église en adobe (sorte de terre mélangée avec de la paille qui leur sert à faire les murs). On s’arrêtera au niveau d’un petit coin avec tables de pique nique à l’ombre et parmi les chevaux sauvages pour se reposer le soir.
Le lendemain, on passe la majeure partie de la journée à Belen, qui est un petit village symapathique mais on en fait vite le tour. On s’installera dans un désert de cailloux, où on se rendra compte, grace à l’odeur, qu’il y a une charogne de cheval à une cinquantaine de mètres de nous, miam miam!

Après s’être bien reposés, on commence la boucle sud depuis Cafayate, pour rejoindre Salta. Et là, changement de décor total: on se croirait au Far West, il manque juste un indien qui fait des signaux de fumée en haut des falaises et nous voilà en plein épisode de Lucky Luke! On s’arrête à tous les kilomètres pour prendre une photo des paysages à couper le souffle, mais aussi pour s’approvisionner en vin argentin (et oui, faut penser à l’apéro!) On posera notre bivouac en face de l’anfiteatro, une des merveilles à observer sur la rouge 68. Ce lieu a la particularité d’amplifier les sons (d’où son nom) et on verra même une dame venir chanter vers 23h telle La Castafiore (et oui, après Lucky Luke c’est Tintin!)

On se réveille avec le soleil qui illumine les falaises en face de nous, d’une couleur rouge orangé, le tout accompagné par les chants des perroquets. Il y a pire ! Programme du jour: visite de Cafayate puis route jusqu’à Cachi. Cafayate est un petit village tout mignon avec ses maisons colorées et ses rues pavées. On prend ensuite la route vers Cachi, et on est bluffés encore une fois par le paysage. On passe entre des roches blanches, qui semblent être le résultat d’un mouvement de plaques qui fait que les morceaux se sont retrouvés à la verticale. Ensuite on traversera plein de petits villages avec des maisons en adobe très sympa.
Le soir on dormira dans la montagne, devant une rivière.

Le lendemain, on fait une petite visite de Cachi, village perché à 2800m avec des maisons aux façades blanches, puis on se dirige vers Salta. La route passe par le parc Los Cardones (les cactus). Comme son nom l’indique, il y a des cactus géants partout et des montagnes colorées autour, c’est très beau. La route passe ensuite à 3500m, où c’est un peu couvert, il fait 12 degrés (contre 30 avant) donc on ne verra pas super bien le point de vue, mais on aperçoit les lacets de la route qui nous attendent, on va s’amuser. Au passage on s’arrête acheter un gros saucisson de lama et un fromage de chèvre, les deux s’avèreront excellents.

Nous arrivons donc au camping municipal de Salta avec plein de provisions. On profitera de cet arrêt dans une grande ville pour faire la révision de routine de la voiture, aucun souci, sauf les plaquettes de frein à changer (on le savait en achetant la voiture), et mieux vaut le faire avant ce qui nous attend en Bolivie.
Salta est une ville plutôt jolie, avec sa place centrale entourée d’églises et de beaux bâtiments de style colonial. Elle est aussi animée puisqu’il y a des spectacles de rue comme des petits concerts ou des danseurs traditionnels dans les rues pavées qui entourent la place.

Nous voudrions faire une petite dédicace à la police argentine, en effet au long de ces nombreux kilomètres nous avons sans cesse été arrétés par des barrages de police, parfois 2 en 5km (et oui ils ne se parlent pas entre police nationale et de la ville!) Ils se positionnent à chaque entrée dans une ville, ce qui fait qu’ils sont partout! Pour le moment ils sont restés sympas avec nous, alors que nous avons entendu quelques histoires avec la police corrompue dans certaines régions. On a quand même eu le droit à des inspections du véhicule et de devoir sortir TOUS les papiers plusieurs fois, même s’ils ne savent pas les déchiffrer vu que c’est en français… c’en est même plutôt comique parfois! On passe pour le moment au travers, en attendant la Bolivie.

Nos statistiques cumulées depuis le début du voyage:

Nombre de nuits dans la voiture : 57
Nombre de nuits en tente : 12
Nombre de nuits en hôtel : 7

Nombre de douches : 29

Nombre de kms de rando : 367,6 km
Dénivelés positifs randonnées : 19 300 m

Nombre de kms parcourus en voiture : 13 720 km

6 thoughts on “De Buenos Aires à Salta, en passant par Iguazu

  1. Super ! Ça me rappelle plein de souvenirs !!!
    C’est pas des Coaties les “singes rongeurs” ?
    Continuez à profiter et à nous régaler !!!
    Gros bisous à vous 2 !

  2. C’est sympa de revoir tous ces coins où on est passé. Continuez à nous nostalgier comme ça, Ca fait beaucoup de bien.
    Bises à tous les deux

  3. Ce n’est pas sympa de nous faire envie à ce point 😭 et de nous donner un petit coup de vieux
    Nous faisons 15 nuits ds les Landes 👍 vous allez souffrir de la comparaison …👻
    Enjoy enjoy 😍

  4. C’est génial de vous lire et vous voir et c’est toujours aussi beau! Et j’approuve votre avis sur les chutes d’Iguazu 😉 Profitez!! Gros bisouss (PS: j’adore le toucan!)

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