Du Canyon de Colca à Santiago

Après avoir visité la vallée sacrée et ses nombreuses ruines incas, nous nous dirigeons vers le canyon de Colca, le deuxième plus profond au monde avec ses 3400m de profondeur. Sur la route, nous essuyons une tempête de neige alors que nous roulions à 4500m d’altitude… nous verrons même un camion d’essence renversé sur le côté de la route. Très dangereux tout ça ! On dormira sur la route dans le village d’Imata … à 4500m d’altitude ! Nous nous arrêterons ensuite à Chivay pour faire les courses en préparation de notre prochaine randonnée, après avoir parcouru beaucoup de kilomètres au milieu des montagnes aux cimes enneigées et des vigognes. Nous dormons ensuite dans le parking d’un hôtel de Cabanaconde, ville-départ de notre randonnée du canyon de Colca.

Le lendemain matin, nous partons pour la dernière randonnée de notre voyage, d’une durée de deux jours. Nous commençons la randonnée en descente exclusivement, puisque le but est de passer de l’autre côté du canyon. Nous traversons donc des champs de fleurs et des petits buissons, avant d’entamer la descente en zig-zag vers la rivière, entre les falaises. En bas du canyon, on croise un canadien et un français qui marchent ensemble. Eux ont prévu de s’arrêter à Llahuar, nous on veut continuer plus loin. Le décor est tout simplement magnifique. Nous prenons notre pique-nique après avoir traversé le canyon, puis nous repartons… En montée exclusivement ! Et oui, on est descendus de l’autre côté, à présent il faut remonter complètement l’autre face du canyon ! Nous marchons donc sous le cagnard, puisque le soleil est au zénith et il fait très, très chaud… En plus, il n’y a pratiquement aucune zone d’ombre sous laquelle se réfugier pour faire des pauses, c’est comme marcher en plein désert. Et là, le canadien qu’on avait rencontré en bas du canyon nous rejoint, il a finalement décidé de marcher davantage aujourd’hui. Nous marcherons ensemble jusqu’au campement du soir, où on plantera nos tentes sur la place centrale du petit village de Malata, qui se situe à 4km de San juan de Chucho. Avant d’arriver au bivouac, nous surplombons le village « Oasis » qui est en fait une petite île qui se situe au fond du canyon, qui sert également d’étape aux randonneurs. C’est très joli et surprenant, avec sa végétation dense. Nous regardons également avec frayeur le chemin qui nous attend demain, sur l’autre face du canyon. Il a l’air vraiment, vraiment très fortement dénivelé, on va avoir chaud demain ! Le soir, nous planterons notre tente sur la place principale du village, dans un carré d’herbe face à l’église et au bord du canyon, et nous passerons un superbe moment à écouter toutes les histoires extraordinaires de voyage du canadien, qui voyage depuis 19 mois dans le monde entier.

Le lendemain, nous repartons vers Cabanaconde pour terminer la boucle. Nous, on a du mal à repérer le sentier de l’autre côté de la falaise, tellement que la pente est forte. On passe le village de San Juan de Chucho, très mignon avec sa végétation dense et sa situation au bord du fleuve, et on passe un pont suspendu en bois pour accéder à l’autre côté. Nous voilà donc au début d’une montée qui va être fulgurante. Sans aucun changement de dénivelé, nous monterons pendant près de trois heures des chemins en zig zag au bord du précipice. Nous serons obligés de faire beaucoup de pause tant l’effort physique était intense et à cause du manque de récupération depuis notre dernier trek vers le Machu Picchu. A un moment, il y avait même un sentier creusé dans la falaise, pas étonnant qu’on n’ait pu le distinguer depuis l’autre côté ! On aura quand même énormément de chance de pouvoir observer un superbe condor durant notre pause pique-nique. Mieux que la télé, ça c’est sûr ! On finit par arriver à l’entrée du village de Cabanaconde, symbole également de la fin de cette randonnée qui nous aura bien tiré sur les mollets.

 

 

Le lendemain matin, complètement requinqués, on se lève tôt pour aller observer les condors, au « mirador de los condores ». Ce point de vue est en haut du canyon, sur une surface particulièrement vertigineuse, et on peut observer la rivière couler à quelques milliers de mètres sous nos pieds. On a bien fait de partir tôt, car lorsque nous arrivons sur place nous sommes presque seuls. C’était sans compter les hordes de touristes qui ont débarqué plus tard par groupes de 10 ou 20 personnes, à crier et à se prendre en selfie plutôt que d’observer ces merveilles de la nature. Nous, on est en admiration et on restera près de trois heures à observer la danse que les condors nous offrent. Ils passent à quelques mètres de nous, on peut les voir de vraiment près et distinguer tous les détails. Ils sont vraiment impressionnants avec leur collier blanc et leur plumage noir, ainsi que leur petite crète qui bouge en même temps que leurs mouvements de tête. A un moment, on a même droit à un bal des condors avec le vol groupé de six spécimens pendant cinq minutes. Bref, on en a pris plein les mirettes !

 

 

On prend ensuite la route en direction d’Arequipa, notre dernière étape péruvienne. Nous logerons dans un hôtel très bon budget avec un grand parking, à deux pas du centre historique de la ville.

Encore une fois, nous serons surpris par la beauté frappante de cette ville et son héritage du colonialisme espagnol. Sa grande place est tout simplement épatante, nous y resterons un bon moment à observer les bâtiments à colonnes qui l’entourent pour former un carré parfait.

Le lendemain, journée visite d’Arequipa. Nous avons sillonné les rues piétonnes à la découverte du véritable musée à l’air libre qu’est Arequipa, avec toutes ses façades et bâtiments coloniaux. Nous sommes également rentrés dans l’énorme cathédrale, longue de cent mètres sur la « Plaza de Armas ». Elle est vraiment imposante et très bien conservée. Et comme dans chaque ville, nous sommes allés visiter le marché, et on n’a pas été déçus ! Tous les stands donnent envie de goûter à ce qu’ils proposent, le poisson parait super frais, les fruits sentent très bon et nous nous promenons dans un festival de goûts, de couleurs et d’odeurs. A part bien sûr, les stands de vente d’abats pour la confection du CauCau, les têtes et pieds de cochon et les intestins suspendus ! Mais bon, chacun ses goûts et ses couleurs. Vous l’aurez compris, Arequipa est bien connue pour sa gastronomie, et nous irons le vérifier dans un des restaurants les plus chics de la ville, le Zig Zag, qui s’avèrera être réellement bon avec entre autre un Pisco Sour et des viandes (alpaga, bœuf et porc) cuites sur de la pierre volcanique. Et en prime une très jolie vue sur la place San Francisco.

L’après-midi, nous sommes allés visiter le « monasterio » Santa Catalina, qui était (et l’est toujours) un cloître dans lequel résidaient à l’époque quatre vingt nones, toutes issues de riches familles. Ce cloître date de l’époque coloniale, et nous avons pu visiter toutes les cellules, chambres où résidaient les nonnes, les différentes places pour se reposer, les cuisines et les chapelles. Une vraie ville dans la ville, ce monastère ! Et pour lui donner du tonus et de la vivacité, tous les murs sont peints de couleur rouge ou bleu canard. Bref, on a vraiment pu se rendre compte que ce monastère accueillait des nonnes issues de familles bourgeoises car l’ensemble était très luxueux pour l’époque, et toutes leurs cellules étaient de bonne taille.

Le lendemain, journée cuisine !! On va voir ce que les péruviens ont dans le ventre, nous allons prendre un cours de cuisine. Mais avant cela, nous allons faire un petit tour au marché où nous dégustons des sandwichs que nous avions repérés la veille, qui s’avèrent être succulents, puis nous allons marcher vers un point de vue sur le volcan Misti, qui surplombe la ville. Nous pouvons l’entrevoir au début, mais il finit par se cacher derrière les nuages et la brume générée par la ville. Tant pis, faute de vue dégagée, on déambule tranquillement dans les ruelles en direction du restaurant « Arthur » dans lequel nous prenons notre cours de cuisine. Nous serons cinq, deux japonaises, une américaine et nous. Le chef commence par nous dicter la recette, nous effectuerons un « ceviche » et un « lomo saltado », plats typiques du Pérou et dans nos favoris. Nous passons enfin en cuisine, le chef nous apprend quelques techniques de coupe, puis nous assiste tout le long de l’élaboration de la recette. Nous commençons par déguster le « ceviche », qui est tout simplement succulent, et meilleur que tout ce qu’on a pu goûter dans les restaurants. Ensuite, nous passons à l’élaboration du « lomo saltado » que nous faisons avec de la viande d’alpaca. Première fois qu’on fait flamber un plat, ça chauffe, et encore une fois, à la dégustation c’est une tuerie !

Le soir, nous irons dans notre dernier restaurant du Pérou, car demain, on prend la route pour retourner au Chili, et commencer à fermer la boucle. Et oui, c’est passé très, très vite tout ce voyage !

 

 

Le jour du retour arrivé, nous prenons la route vers la frontière chilienne. Et bien, on aura bien galéré ! Entre les travaux qui ferment les routes de sortie de la ville d’Arequipa pour le sud, les policiers qui nous donnent de mauvaises indications et le passage de la frontière où nous avons dû vider entièrement la voiture, on a été gâtés ! Heureusement que les paysages étaient jolis, avec les montagnes multicolores : blanche, rouge et orange. En revanche, elles sont pour la majorité exploitées par les compagnies minières et on voit un festival de villages (bidonvilles) miniers tout le long de la route. Pas étonnant que l’eau ne soit pas potable avec tous les minéraux qu’ils exploitent… Nous arriverons tard dans la ville d’Arica où nous passerons la nuit dans un camping.

Le lendemain, nous allons nous promener dans le centre d’Arica, que nous avions déjà visité l’année dernière avec les parents d’Aurélien. On va néanmoins observer les cormorans et les lions de mer qui se battent pour les déchets des poissons des pêcheurs au port, puis nous reprenons la route vers Iquique. Il y a des dunes partout, c’est très beau. Nous avons bivouaqué au milieu de dunes de sable, dans un ancien village qui avait été détruit par la guerre du Pacifique. Nous avons pu observer les étoiles et la voie lactée après un splendide coucher de soleil, de quoi s’en prendre plein les mirettes.

Nous prenons ensuite la route vers le sud, en direction d’Antofagasta, et on longe la côte tout le long, c’est très beau avec les dunes immenses d’un côté et l’océan de l’autre. Nous nous sommes arrêtés profiter du bord de mer l’après-midi, les pieds dans le sable et dans l’eau claire. On a pu chasser les gros lézards, les crabes et les méduses. Bref, une bonne après midi détente.

Le lendemain, après avoir observé le lever de soleil qui arrivait de derrière les dunes, nous reprenons la route vers le sud d’Antofagasta, où nous prévoyons d’aller visiter le laboratoire ESO d’observation des étoiles le jour suivant. Nous nous posons donc sur une petite colline, dans un trou immense de pelleteuse face au futur observatoire en construction, qui sera habilité en 2024. On a pu observer encore les étoiles, et on les voyait tellement bien qu’Aurélien a pu prendre une photo sur laquelle on distinguait les cratères de lune. Juste incroyable !

Nous commençons la journée par la visite de l’observatoire ESO, où nous sommes accueillis par une petite vidéo de présentation des consignes de sécurité, puis nous sommes invités à nous équiper de casques de chantier blanc et nous allons enfin sur les lieux. Nous visitons les bureaux avec des ordinateurs de contrôle à perte de vue, puis nous entrons dans les télescopes géants. Dans l’observatoire qui se situe à 2600m d’altitude, il y a cinq télescopes géants qui disposent d’un miroir de 8,2m de diamètre ainsi que quatre plus petits télescopes qui ont un miroir de 1,8m de diamètre. Nous rentrerons même dans un des télescopes géants et aurons une explication complète du fonctionnement. Nous terminerons cette visite par la découverte de la résidence des scientifiques, qui comporte une belle piscine juste au-dessous d’une coupole. En tout cas, ça donne envie d’être scientifique ! Nous reprenons ensuite la route vers Copiapo, et nous nous arrêterons bivouaquer dans un « zoo de pierres », appelé ainsi grâce à la forme des roches.

Le matin, nous partons pour une journée de route vers la « Valle del Elqui » où nous resterons dans un camping avec piscine. Après quelques ploufs, Aurélien décide de se raser la barbe. Un moment épique, tous les gens du camping nous regardaient !

Nous commencerons la journée suivante par la visite d’une distillerie de Pisco, l’alcool typique chilien (qu’ils se disputent avec le Pérou d’ailleurs) qui est une liqueur de raisin. Après une petite dégustation de leurs produits, nous achetons une bouteille puis nous partons visiter la vallée du Limari qui fait un circuit depuis Vicuña à Hurtado et finalement Ovalle. C’est plutôt joli, peuplé de cactus, c’est le désert montagneux. Nous bivouaquerons devant l’entrée du parc « Valle del Encanto » que nous visiterons le lendemain matin.

La visite du parc était très sympathique, c’est un lieu où il y a des gravures préhistoriques. Nous pouvons observer plein de trous dans les roches qui étaient utilisés comme mortiers, des pétroglyphes de toutes sortes (extraterrestres, des têtes avec des énormes coiffes, des personnages), des pictogrammes réalisés avec de la peinture rouge et même un bain inca qui était un trou géant creusé dans une roche immense. En tout cas, l’exploration de cette vallée enchantée en valait la peine, et nous a permis d’effectuer une petite balade matinale très sympathique. Nous reprendrons la route ensuite pour notre dernière nuit en bivouac avant d’arriver sur Santiago. Nous la passerons près de l’océan, cachés entre les dunes diverses.

Nous arriverons le lendemain sur Santiago, où nous passerons notre voiture au nettoyage pour la revente (et dieu sait qu’elle en avait vraiment, vraiment besoin – on a même dû payer un coût additionnel tellement qu’elle était sale !). Nous passerons dix jours chez nos amis à Santiago Emilie et Bufflon que nous remercions encore pour leur accueil. Mais nous serons contraints de repartir en France sans réussir à vendre la voiture. Nous la laisserons donc à Suzi Santiago, une entreprise qui s’est occupée de la vente de notre voiture, effectuée quelques semaines après notre arrivée en France.

 

 

Voici donc la fin de notre voyage de 150 jours en Amérique du Sud durant lequel nous avons vu des choses extraordinaires, rencontré des personnes exceptionnelles et vécu des moments inoubliables. Nous avons adoré ce mode de vie itinérant qui nous a permis d’acquérir une très grande liberté et de pouvoir découvrir des endroits mystiques et incroyables. Nous conseillons à tous ceux qui hésitent à se lancer de prendre leur envol et de partir à l’aventure, à la découverte de l’Amérique Latine ou d’un autre continent.

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux ». Marcel Proust

 

Nos statistiques cumulées depuis le début du voyage

Nombre de nuits dans la voiture : 84
Nombre de nuits en tente : 17
Nombre de nuits en hôtel, refuge ou lodge : 38

Nombre de douches : 56

Nombre de kms de rando : 602,3 km
Dénivelés positifs randonnées : 28 055 m

Nombre de kms parcourus en voiture : 21 732 km

 

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