La Terre de Feu … et ses alentours

Après avoir gravi les montagnes de Torres del Paine, nous avons continué notre route vers le grand sud, la porte d’entrée pour l’Antarctique : la Terre de feu.

Elle est appelée Terre de feu, grâce aux peuples qui y vivaient et qui, pour se réchauffer, faisaient des feux même sur leurs canoës. Les bateaux qui passaient à proximité voyaient donc une île parsemée de feux, d’où son nom.

Avant cela, nous avons passé Noël à Punta Arenas, dans une auberge de jeunesse à la propriétaire peu sympathique. Nous nous sommes offert, pour cadeau de Noël, une excursion sur l’île de Magallanes qui est peuplée par des pingouins qui y viennent pour pondre leurs oeufs et élever leurs bébés avant de repartir vers le Brésil courant avril. Nous, on n’avait jamais vu de pingouins avant alors on était tout foufou de les regarder courrir avec leur démarche comique, de tomber par terre, de les voir avec leurs bébés défendre leur nid, de les observer aussi galérer à sortir de l’eau, et de voir une sorte d’assemblée générale se crier dessus… Fascinant! Leur cri, qui ressemble un peu à une boite à meuh qu’on renverse, est comparable aussi à une sorte de lamentation. On était des intrus, c’était peut-être pour essayer de nous chasser… Bref, nous on était super contents de notre visite.

Après cela, nous sommes allés en direction du point le plus au sud du continent américain, Cabo Froward (Et oui, la Terre de feu est une île!) Nous avons rejoint le phare le plus austral, le Faro San Isidro, après une marche de 6km sur la plage, au bord du détroit de Magellan. Tout simplement magnifique, malgré les kilos de sable qu’on ramène dans chaque chaussure…

Nous prenons ensuite la route pour la fameuse Terre de Feu, du côté chilien. Pour cela, nous prenons un bateau jusqu’à Porvenir en traversant le détroit de Magellan, puis nous continuons vers le Lago Blanco, où sur la route on retrouve une faune sympathique: guanacos, zorros (renards) et… des pingouins royaux! Ceux-ci, qui normalement ne vivent qu’en Antarctique, se sont installés ici récemment, il y a une dizaine d’années. Ils peuvent mesurer jusqu’à 1m20 et ils sont caractérisés par leur couleur orange sur la tête, et jaune au niveau du cou. On a eu la chance de voir aussi des bébés, qui avec leurs poils marron ressemblent un peu à des yétis. Sur certains, on pense même apercevoir l’oeuf prêt à être pondu, en bas du ventre. Bref, ils sont trop beaux!

Après avoir passé la frontière argentine, non sans mal (ils m’ont confisqué ma carte d’identité chilienne, se sont enfermés dans le bureau du responsable facilement 15 bonnes minutes pour délibérer, et ont finalement accepté de nous laisser passer puisque de toute façon il n’y a pas d’autre option que de revenir par le Chili pour partir d’Ushaïa – on ne peut donc pas s’échapper!), on arrive enfin à Ushaïa. Le soir, on va directement au parc naturel Tierra del Fuego, où nous entrons sans payer, car à partir de 9h ils ferment la caisse. Nous nous posons au camping du parc Laguna Verde, où nous nous reposons avant d’attaquer la randonnée du lendemain: le cerro guanaco.

Là, on se réveille…. sous la pluie, pour changer! On décide donc d’aller faire des petits sentiers de 1 à 2km maximum, en attendant que la météo s’améliore. On se promène donc au bord d’une baie, très belle puisque le soleil vient de pointer son nez, puis nous allons voir un barrage de castors et les dégâts que leur insertion en 1960 a causé sur la nature environnante. En effet, 20 couples ont été amenés du Canada pour faire commerce de leur fourrure, mais n’ayant pas de prédateurs, ils se sont multipliés. Depuis, les arbres meurent à cause des inondations causées par les barrages des castors, et les eaux sont polluées par leurs déjections. Bref, leur insertion n’a pas été une bonne idée.
Nous nous attaquons ensuite au cerro guanaco. Et ben on a bien senti nos mollets et nos cuisses, qui n’avaient pas travaillé depuis Torres del Paine, soit 5 jours. En effet, cette randonnée est constamment en pente prononcée, ce qui ne facilite pas la remise en jambes. Tout le début est dans une forêt, puis nous arrivons dans une tourbière, autrement dit un champ de boue où à chaque pas on s’enfonce d’une dizaine de centimètres avec un petit “sproutch” bien sympathique, et ce sur 100m, c’est vraiment, vraiment beaucoup! Ensuite, la dernière partie de la rando se fait sur un champ de roches, toujours en pente bien sûr, mais nous arrivons enfin au sommet, qui nous offre un superbe point de vue sur les montagnes enneigées autour du parc, et le fjord qui se trouve juste devant… Le Cap Horn (mais nous ne voyons pas la péninsule du Cap Horn malheureusement)! Nous sommes ici à un peu plus de 1000m d’altitude et on est dans des conditions de haute montagne: tempête de neige, de grêle, vents violents… c’est ça le grand sud!

Le soir, les guardaparques font la ronde dans les campings pour contrôler ceux qui ont payé, et ce pour 2 nuits max, enregistrer ceux qui vont rester camper. Pour rappel, nous on n’avait pas payé, et on voit le ranger qui fait le tour de tous les camping car et tentes…sauf nous! Du coup, on s’en tire vraiment bien, et on est contents, ça nous paiera le resto du nouvel an car comme d’habitude, les parcs sont très chers (environ 18 euros par personne).

On quitte le lendemain le parc, et on file installer notre bolide sur le parking du port d’Ushuaïa, où beaucoup d’autres voyageurs sont aussi installés. Nous y passerons deux jours, où nous sommes allés marcher jusqu’au point de vue sur la ville, en haut d’un télésiège, et au bord de l’océan, en attendant le nouvel an. Nous l’avons fêté le plus au sud qu’on pouvait, en commençant par un apéro partagé avec un mexicain, un argentin et deux français sur le port, puis un repas avec des brésiliens retraités dans leur van et enfin le décompte pour 2018… dans un bar dansant. Plutôt cool!

Nous quittons ensuite Ushuaïa et son froid pour rejoindre Buenos Aires. On retraverse donc le détroit de Magellan pour quitter l’île en direction du continent américain, traversée au cours de laquelle nous avons pu observer des dauphins noir et blanc, comme les orques! Superbe! Puis, après avoir passé la frontière vers l’Argentine avec succès (on a quand même dû aller s’expliquer avec le chef des douanes chiliennes), on enchainera plus de 3000km sur la ruta 3 au milieu d’un paysage qui ne change pas. Seulement des petits buissons à l’air de mauvaises herbes, et beaucoup, beaucoup d’ordures sur le bord des routes… Sans compter toutes celles que nous ne voyons pas, emportées par le vent (toujours présent celui-là) dans l’océan… C’est triste!
On a quand même eu la chance de croiser un véritable dinosaure (ou presque!) Et de dormir deux nuits au bord de la mer et une en station service. La classe ! Sans oublier un matin où nous avons fait 20km, entre notre campement et la route 3, sous la pluie et en glissade tout le long sur une route de boue mélangée à du sable, avec de temps en temps des crevasses pour nous faciliter la tâche. Sur le coup on ne faisait pas les fiers avec le chemin qui longeait les falaises! Mais les heures à s’amuser à conduire sur la neige dans les pyrénées (et même à La Rochelle) ont bien aidé pour ce passage! On est prêts pour le Dakar.

Nos statistiques cumulées depuis le début du voyage:

Nombre de nuits dans la voiture : 43
Nombre de nuits en tente : 12
Nombre de nuits en hôtel : 3

Nombre de douches : 21

Nombre de kms de rando : 363 km
Dénivelés positifs randonnées : 19 003 m

Nombre de kms parcourus en voiture : 9 636 km

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