Torres del Paine

Le parc Torres del Paine est mondialement connu par les amateurs de randonnée et il attire chaque année des milliers de personnes. Prisé pour les challenges qu’il propose aux randonneurs, la variété des sentiers et des paysages ainsi que sa météo qui nous fait bien comprendre que nous sommes ici au cœur de la Patagonie.

Il y a de multiples façons de visiter le parc, de la rando à la journée à celle de 8 jours en passant par des balades en bateau ou kayak. La partie la plus fréquentée est le sud du parc, avec le fameux trek du W qui se fait en 3 ou 4 jours. Évidemment, nous ne voulons pas faire comme tout le monde et on décide de faire le trek de Paine Grande, appelé aussi O en raison de la boucle qu’il forme. Ci-dessous une carte du parc pour illustrer nos propos.

Le plan était donc de faire le tour complet en partant de “Las Torres” jusqu’à “Serón” puis “Dickson”, “Perros”, “Grey”, “Italiano”, “Frances” et enfin “Chileno”.

Etape 1: De Las Torres à Serón
On a décidé de commencer doucement avec une première étape relativement simple pour se mettre en jambes. Après une nuit dans la voiture sur le parking du parc, on se réveille sous la pluie. On attend donc un peu, le temps change vite ici apparemment. 15min, toujours de la pluie… 30min et ça n’a pas changé… au bout d’une heure, on se décide finalement à se lever, et on partira donc équipés de kway de sac, surpantalon et cape decathlon pour notre premier jour. Le look de malade!
Avec la pluie continuelle, le poids du sac avec de la nourriture pour 8 jours et la boue qui rend la progression difficile, cette étape ne sera pas si simple. Après 13km de marche, 30 minutes avant notre arrivée, la pluie cesse enfin et on arrive sous un relatif beau temps pour monter la tente rapidement avant les prochaines précipitations. Nous n’avons pas beaucoup aimé cette étape, du fait que le chemin de randonnée était également emprunté par les fermiers et rangers en pick-up, et que la vue des montagnes était gachée par le mauvais temps. C’est pourquoi il n’y aura pas de photos de cette étape.

Etape 2: De Serón à Dickson
On se lève et on prend le départ sans pluie, et avec même un peu de soleil, ce qui nous permet de voir sur les montagnes enneigées qui entouraient le camping qu’il a neigé juste au dessus de nous. On marche donc dans des champs de marguerites, traversant quelques rivières et croisant des chevaux, se prenant des rafales de vent à ne plus pouvoir avancer. Le paysage est très joli avec les lacs et montagnes qui nous entourent. A mi- chemin, nous arrivons à Coiron, un poste de rangers où nous devons montrer nos réservations pour les campements suivants sans quoi ils ne nous laissent pas passer. Juste avant notre arrivée nous passons par un super point de vue sur un glacier et notre campement en contrebas, le temps de sortir notre appareil photo, une tempête de neige s’abat sur nous. On avait fait la journée au soleil, mais les 10 dernières minutes se feront donc sous la pluie. Nous ne profiterons pas vraiment du magnifique cadre du camping, qui permet d’accéder à une petite plage au bord d’une rivière verte de lait glaciaire, le tout surplombé par un beau glacier coincé sur la montagne. On sortira de la tente juste le temps d’une acalmie pour faire la cuisine et parler un peu aux autres (qui sont beaucoup à arriver complètement trempés quelques temps après nous). 

Etape 3 : De Dickson à Los Perros
Cette étape se fera essentiellement dans la forêt, très humide, avec quelques vues spectaculaires sur les montagnes voisines. Une arrivée très venteuse sur le campement situé au pied de la moraine d’un super glacier. On arrive assez tôt, ça tombe bien il faut se reposer car demain nous avons l’étape la plus difficile. On en profite pour entamer notre kilo de fromage qui a fait beaucoup de jaloux (et conforter les préjugés sur les français).

Etape 4 : De Los Perros à Grey
Voici donc venue la grosse étape. Lever avec le soleil à 5h du matin pour un départ à 6h15. Seul un couple de slovènes part avant nous, tant mieux ils nous feront les traces. La première partie se passe dans une forêt où nous progressons très lentement car il y a énormément de boue et pas mal de dénivelé. Lors de ce passage, un ranger du parc nous double en courant (oui il n’a pas de sac lui), et nous demande si nous sommes les premiers, on lui explique que non il y a encore 2 personnes devant. Une fois sortis, on se dit que ça va aller mieux… c’était sans compter sur le temps patagon! En effet, à peine le dernier arbre passé, nous entrons en pleine tempête de neige. Le vent est très violent, nous obligeant à nous arrêter fréquemment. Sans bâtons de marche avec ce vent nous aurions peut être fait demi-tour car ils aident beaucoup pour se rattraper lors des rafales. Puis la neige vient nous fouetter le visage à l’horizontale, nous avons vraiment l’impression d’être dans une expédition en Antarctique. Malgré tout ça, on garde un bon rythme et on s’avance dans la tempête. Au bout de 45min comme ça, nous voyons le couple de slovènes et le ranger revenir, on comprend rapidement… Impossible de passer le col (pourtant à seulement 1200m d’altitude), nous devons faire demi-tour. Dépités, on écoute le ranger qui nous explique qu’il connait ce passage par cœur car il y monte tous les jours, mais avec cette tempête il n’essayerait même pas lui-même. On rentre donc au camping, trempés, en annonçant la nouvelle à tous ceux qui nous suivaient. On s’occupera le reste de la journée avec jeux de cartes et discussions. Il va également falloir modifier notre parcours, car ayant des réservations pour les campements, nous ne pouvons pas suivre le programme inicial…
Pour le camping du lendemain, les rangers les ont prévenus, nous pouvons arriver avec 1 jour de retard. Et pour la suite, nous allons rallonger une étape, sauter un point de vue et ne pas aller au campement Italiano (c’est le moins bien et le seul gratuit).

Etape 5 : De Los Perros à Grey (bis)
Nous revoilà partis sur cette grosse étape, mais cette fois avec le beau temps. Et c’est beaucoup plus facile! Ça monte bien mais on a vu pire, on marche dans la neige une bonne heure mais on a vu pire aussi, puis on arrive au Paso John Garner. Et là, c’est magnifique! Nous sommes de nouveau face au Campo de Hielo Sur (nous en avions parlé dans l’article précédent), et toujours la même impression d’immensité! On commence alors une très longue descente le long du glacier Grey, qui a perdu un très gros morceau il y a quelques semaines, ce qui forme un immense iceberg… Le réchauffementclimatique? On passe sur trois ponts suspendus spectaculaires, bref la journée est magnifique! Et tout ça avec du beau temps (seulement quelques flocons juste avant le sommet). Arrivés au campement Grey, l’ambiance change, il y a beaucoup, beaucoup plus de monde, des douches chaudes, des lodges,… on est un peu perdus, nous.

Etape 6 : De Grey à Frances
On a donc rejoint les hordes de personnes faisant le W. Pour la première partie de cette étape, nous longeons le Lago Grey un bon moment jusqu’au campement Paine Grande, où nous nous arrêtons juste pour se reposer un peu. Aurélien a été un peu malade cette matinée donc on récupère un peu avant de repartir en direction du campement Italiano. Les paysages sont sublimes, et une fois arrivés au campement, nous posons nos sacs pour monter au mirador Frances. Nous y avons une superbe vue sur les Torres, le glaciar Frances et le Lago Nordenskjöld. Nous n’irons pas jusqu’au mirador Britanico, car ayant pris une journée de retard le temps nous manque, et puis le ciel se couvre alors on ne regrette pas ! On finit cette journée en arrivant au campement francés, où il nous faut mettre la tente sur une plateforme en bois… Ben c’est moins pratique que sur le sol donc nous ne sommes pas convaincus par ce système, et franchement, on a galéré comme des cochons…

Etape 7: De Francés à Chileno
Nous nous levons sous le clapotis de la pluie qui s’arrêtera une petite heure après notre départ pour laisser place à la journée la plus ensoleillée de notre trek. Pour preuve, nous avons même retiré nos pantalons étanches et kway tellement on avait chaud! Nous longeons le lac Nordenskjöld et nous passons même sur une petite plage de galets noirs et blancs, qui contrastent avec le bleu turquoise de l’eau. Les vues sont splendides, avec ce lac turquoise vert entouré de montagnes vertes de végétation, les ombres jouées avec les nuages et les îlots touts mignons. Nous dépassons le camping Cuernos où nous croisons le couple d’allemands qui a fait le O avec nous. Nous passons aussi à côté d’une montagne impressionnante autour de laquelle rodent cinq condors, magestueux. Nous continuons notre chemin, cette fois-ci nous nous dirigeons vers le camping Chileno qui se trouve dans la dernière boucle du W. Nous laissons le lac derrière nous pour laisser place à un paysage de prairies vertes et un peu boueuses. A un moment, deux condors à col blanc passent tout près de nous, magique! Nous arrivons finalement au camping Chileno, sur lequel il faut à nouveau galérer à monter notre tente sur une plateforme en bois, jonchée de clous, que Aurélien enlèvera hèroïquement à mains nues! Ce camping-là n’offre pas la possibilité de cuisiner avec un réchaud, il est donc obligatoire de prendre la formule repas, petit déjeuner et déjeuner à emporter pour le midi suivant. Parfait, pas de vaisselle ce soir donc, et on mangera à l’abri dans le refuge, avec un feu de cheminée. Le grand luxe!

Etape 8: De Chileno au mirador Torres, puis retour au parking
Ce matin, on se réveille sous la neige, qui tombe à gros flocons. On plie donc la tente mouillée puis on va prendre un petit déjeuner de l’espace dans le refuge. On commence ensuite l’ascension pour accéder au mirador Las Torres qui, comme son nom l’indique, permet d’accéder à la base des trois tours qui ont donné le nom au parc. Le dénivelé est assez important, et avec la digestion du gros petit déjeuner, on transpire un peu! Toutes les personnes qui redescendent disent qu’elles n’ont rien vu, à peine discerné une silhouette. Pas grave, on garde espoir, et ça paye! On arrive au sommet, on voit déjà les nuages s’estomper et la neige diminuer, on mange un petit carré de chocolat et voilà qu’apparaissent d’entre les nuages les Torres. Certes, sur les photos ça reste nuageux mais on était hyper contents de les voir. On redescend ensuite sous le soleil jusqu’au parking où on avait laissé la voiture, qu’on a heureusement retrouvée intacte après 8 jours toute seule. On profite donc du soleil pour sortir la tente trempée et de la faire sécher, puis on reprend la route pour aller dormir à Puerto Natales, dans un camping où nous prendrons une douche bien chaude et un apéro bien mérité! Nous passerons Noël à Punta Arenas, où nous profiterons de ce temps de repos pour aller voir les pingouins de l’île de Magallanes.

Bilan : 7 jours autonomie
On a préféré la partie nord, qui est plus aventureuse, et il y a moins de monde donc on parle à plus de gens et c’est donc plus convivial (contrairement à la partie sud qui se fait dans l’anonymat le plus total).
Notre passage préféré a été le Paso John Garner, qui demandait plus de technique et qui offrait une plus grande variété de paysages, de type de chemins (ponts, neige, terre, cailloux…) et de challenge!

Distance totale parcourue en 8 jours: 130km pour 6463m de dénivelé total.

Torres del Paine n’est donc pas complexe au niveau de la randonnée puisque ce n’est pas de la haute montagne. C’est complexe par ses climats changeants, la charge à porter en sac à dos et le cumul des journées.

Nos statistiques cumulées depuis le début du voyage:

Nombre de nuits dans la voiture : 31
Nombre de nuits en tente : 12
Nombre de nuits en hôtel : 3
Nombre de douches : 18

Nombre de kms de rando : 339 km
Dénivelés positifs randonnées : 17 842 m
Nombre de kms parcourus en voiture : 5294 km

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